Une rue. Plus éclairée. Des gens. A cette heure !? Elle recule. Cherche une autre rue. Un autre passage. Loin des gens. Loin de la gaité. Loin de la tristesse. Loin de l'amour. Loin de la haine. Mais pourquoi ? Un but : ne rien ressentir. Oublier. Oublier quoi exactement ? Ses parents ? Non. S'oublier. S'oublier soi-même. Recommencer une vie. Une nouvelle. Sans parents. Mais avec qui ? Un homme ? Pour qu'il la trompe ? Non merci ! Des amis ? Elle n'en a aucun. Ne parle jamais. Peur des autres. Elle est jolie. Beaucoup aimeraient être bien, bien plus que de simples camarades de classe, de simples personnes croisées au détour d'un couloir. Elle reste inaccessible. Lointaine. Et elle veut s'éloigner. Encore. Toujours. Et toujours plus.
Elle rejoint une route. Une voiture arrive. Elle tend le pouce. Timidement. L'homme s'arrête. Elle monte. Ils démarrent. Ils s'éloignent. Encore plus loin. Elle se félicite. Elle s'en va. Elle part. L'homme la questionne. Où va-t-elle ? Elle ne sait pas. Loin. Elle lui répond. Brièvement. Elle n'a pas envie de parler. Puis l'homme s'arrête. Elle se tourne vers lui. Trop tard... La lame lui a perforé la cage thoracique. Elle regarde la lame. Puis l'homme. Surprise. Elle n'a pas le temps de crier, ni même de gémir. Elle s'effondre. Son regard se vide. Devient vitreux. Froid. Noir. Brume devant les yeux. Puis plus rien. Plus aucun sentiment. Pourquoi ? Pourquoi ce c½ur s'est-il arrêté si soudainement de battre ? Pourquoi est-elle partie ?
La fuite est comme le suicide. D'une manière ou d'une autre, partir, c'est mourir un peu...
